PAU — Lundi 5 janvier 2026, au premier jour d’une grève nationale des médecins libéraux, plusieurs centaines de praticiens se sont rassemblés dans les rues de Pau, marquant une forte mobilisation locale contre les dispositions du dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Un mouvement sans précédent dans les rues de Pau
Dès le matin, près de 200 médecins libéraux ont manifesté dans le centre-ville de Pau, partant du siège de l’Agence régionale de santé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
Les praticiens, dont une majorité de généralistes et spécialistes indépendants, brandissaient des pancartes avec des slogans tels que « Mon stétho n’est pas une caisse » ou « Blouses blanches vs lois noires », dénonçant ce qu’ils considèrent comme des atteintes à leur liberté professionnelle et à la qualité des soins offerts aux patients.
Le mouvement s’inscrit dans une grève de dix jours, qui a commencé le 5 janvier et doit se poursuivre jusqu’au 15 janvier, avec une forte adhésion des médecins libéraux dans tout le pays.
Les raisons de la mobilisation
Les médecins protestent contre plusieurs mesures incluses dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, jugées trop contraignantes :
- un contrôle renforcé des arrêts de travail et des prescriptions ;
- la possibilité pour l’État de réviser certains tarifs médicaux sans négociation préalable ;
- des obligations perçues comme une ingérence dans leur exercice quotidien.
Dans les rues de Pau, plusieurs praticiens ont témoigné de leur inquiétude quant à l’avenir de la médecine de ville et à l’accès aux soins de proximité pour les patients.
Réquisitions dans les Pyrénées-Atlantiques : 29 médecins mobilisés
Pour limiter l’impact de cette grève sur la santé publique, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a annoncé la réquisition de 29 praticiens afin d’assurer la continuité des soins essentiels dans le département.
La mesure de réquisition, rarement utilisée, vise à garantir que les besoins urgents de la population soient pris en charge malgré le mouvement social.
Cette décision administrative intervient dans un contexte où le gouvernement n’a pas exclu le recours à la réquisition à l’échelle nationale pour éviter que la grève ne paralysie le système de soins.
Conséquences pour les patients à Pau
À Pau, comme dans d’autres villes, plusieurs cabinets médicaux ont fermé ou réduit leur activité dès le début de la grève, entraînant des difficultés pour obtenir des rendez-vous, en particulier pour des consultations non urgentes.
Les patients sont encouragés à se tourner vers des médecins de garde, les services d’urgences hospitaliers, ou encore les pharmacies pour des conseils de premier niveau, notamment pour la prolongation de traitements courants.
Une mobilisation suivie et des perspectives d’évolution
Alors que la grève se poursuit pour une durée de 10 jours, les syndicats médicaux annoncent une large participation des professionnels à travers la France, avec jusqu’à 85 % de médecins libéraux prêts à faire grève, selon certaines estimations syndicales.
À Pau, la mobilisation reste soutenue, illustrant les fortes tensions entre les praticiens libéraux et les pouvoirs publics. Les prochains jours seront scrutés de près par les acteurs locaux du système de santé, car l’évolution de ce mouvement aura des répercussions directes sur l’accès aux soins pour les habitants de l’agglomération paloise.